Sansévérino

Note : C’est un excellent guitariste et un très bon chanteur à texte, les 2 se « marient »  pour donner des chansons d’une grande qualité avec une pointe d’humour certaine même pour les sujets les plus délicats …

 

Biographie : (www.rfimusique.com)

 

 

 

 

 

 

 

Comédien puis musicien, puis comédien, puis. Stéphane Sanseverino est aujourd'hui musicien en solo. Après une réputation de plus en plus marquée chez les défunts Les Voleurs de Poules, il poursuit la route de son swing manouche, nous tirant au passage le portrait. A l'image d'un Bénabar, ses textes se construisent autour d'un regard décalé sur ses proches contemporains. Avec humour et second degré, toutes les vérités sont bonnes à dire. Même les plus graves.

 

Ses origines italiennes, c'est à ses grands-parents que Stéphane Sanseverino, né en 1962, les doit. Napolitains, ils sont arrivés en France dans les années 50. Son père, plombier, choisi de travailler dans l'industrie du papier pour voyager, en famille. De trois à seize ans, le petit Stéphane affiche déjà un compteur de grand voyageur. La Bulgarie, la Nouvelle-Zélande, la Yougoslavie, le Mexique. A l'âge de 20 ans, il veut être comédien. En fait, il voudrait tout apprendre d'un coup, mais entre la guitare, les planches et le banjo, il commence par le théâtre. Dès le lendemain du dernier jour de sa formation chez Serge Martin puis chez Philippe Hottier plus récemment, il entre au DAL Théâtre pour trois ans. Là-bas il y travaille la Comédia dell'Arte et le clown. Et enfin la guitare et le banjo.

 

Mais c'est la scène qui lui offre ses premières prestations ou plutôt il se les offre avec la création de sa propre compagnie Les Frères Tamouille. Loin des multinationales,une sorte de cirque où le pastiche de Supercopter côtoie celle de L'homme qui valait 100.000 balles. Spectaculaires, les frangins emploient beaucoup de matériel, soit l'inverse des Voleurs de Poules par la suite. Une troupe avec laquelle il travaillera quatre ans, jouant le plus souvent dans la rue ou les festivals, notamment à Aurillac ou Châlons-sur-Saône.

La musique après la comédie

Pendant ce temps-là, dans la seconde moitié des années 80, le mouvement rock alternatif prend de l'ampleur. Des groupes comme Pigalle ou les Nonnes Troppo ouvriront la porte à quantité de groupes séduits par un mariage d'éthique punk et de chansons sorties du pavé parisien. Stéphane gratouille négligemment sa guitare en écoutant alternativement Django Reinhardt, Jimi Hendrix, Les Satellites, les Béruriers Noirs, la musique de l'Est, AC/DC, la musique pakistanaise, country bluegrass, java et musette. Difficile d'y faire un choix, mais en fin de compte c'est un peu tout ça. Multi-instrumentiste, il entre dans son premier groupe, Dans l'Intérêt des Familles, en tant que guitariste, puis rejoint Les Maris Jaloux, trio où il joue de la basse. En fait, il commence à monter des groupes quand il s'aperçoit qu'au théâtre, six mois de répétition sont nécessaires pour ne jouer que trois fois, alors qu'en musique, une répétition suffit pour jouer six mois. Forcément, c'est mieux.Après Doc Denat, groupe de rock médical, c'est avec la création deRMC (pour Renverse-moi Chéri), qu'il sort ses premières compositions dont Rock n'Roll Dérision. Parallèlement à sa carrière naissante de musicien, et sa formation de comédien en poche, il s'intéresse de plus en plus au cinéma. Pour son premier court métrage, Patrick Bagot lui fait tenir le rôle principal deHP 69. Il a 30 ans. Il tournera ensuite dans un autre court Les Aventures de Francis 15.

Parmi tous les autres projets sur lesquels il travaille et se perd quelque fois, il s'attarde en route sur la musique de l'Est (Roumanie, Bulgarie) et découvre qu'il aime le swing des années 50. Sabine Pierron aussi. Ils font tous deux partis d'un atelier regroupant des amateurs de musique roumaine. Le projet qu'ils se décident à lancer est un mélange d'influences tziganes et de culture personnelle, c'est-à-dire les vieilles chansons françaises des années 20 aux années 50. En 1992, la création des Voleurs de Poules est officielle. Le pseudoLes Voleurs de Poules est adoptée en référence aux Gitans, selon Stéphane, "ceux qui s'excluent eux-mêmes et que les sédentaires excluent". Un qualificatif qui leur est régulièrement apposé. L'expression plutôt péjorative est liée à cette réputation des forains dont ils ont cherché à faire quelque chose de sympathique. Une sorte de réhabilitation par la musique, par leur musique manouche. Lui, dit "Le Nerveux", est à la guitare, au banjo et au chant. Elle, au violon et au chant. Lui écrit textes et musiques, parfois avec Sabine.

A l'origine envisagé comme acoustique, le projet soulève un enthousiasme chaleureux dès leurs premiers concerts dans les bars. Poussé par le public, le duo s'étoffe. Ils sont ainsi rejoints par Marc Salvetti, à la basse et Nicolas Ferrenbach à la batterie. Celui-ci sera remplacé en janvier 1995 par Manu Ruquier.

Les Voleurs de Poules sont partout

Sous la formation complète, ils jouent leurs premiers concerts au cinéma le Berry Zèbre à Belleville. L'originalité comme raison d'être, le groupe met en place un système d'odorama à cette occasion. Un comédien fait ainsi cuire un aliment différent à chaque morceau. Gingembre, oignon, cannelle, poivre, les senteurs sont plus ou moins agréables et cette formule est arrêtée suite à des problèmes d'évacuation des odeurs et d'aération de l'endroit.

Par la suite, ils y rencontrent les gens du bar A la Liberté mais également de l'association Life/ Live in the Bar qui organise et défend les concerts dans les bars. Initiative particulièrement salvatrice dans une ville où la pénurie de petites salles pénalise les artistes. La vitalité et l'activisme de cette association permettront à quantité de groupes et de chanteurs de rencontrer ainsi leur premier public. Au cours de concerts gratuits et populaires dans les débits de boissons, sis entre Bastille, République et Belleville. Un engagement qui donne enfin corps au mythe de l'univers indépendant français, confirmant les possibilités de faire des disques de façon autonome, festive et digne. Avec pour première qualité, la négation du pouvoir omnipotent des grosses maisons de disques. Réalité commerciale autant qu'artistique en Angleterre, cet univers-là tend à l'être aussi en France.

Mais les bars sont tout autant des espaces de liberté aux règles strictes où le contrôle et la tolérance des nuisances sonores dans les cafés reviennent aux commissaires de quartier. Parfois il suffit d'une seule plainte pour que tout s'arrête. Mais même interdits, Les Voleurs de Poules jouent et drainent un public de plus en plus important, proportionnel au nombre de dates que le groupe assure sur tout le territoire. Avec 500 concerts en 5 ans, ils écument les salles de France et ses bistrots, ces lieux d'observation privilégiée : concerts "Ecole et Nature" en septembre 1992 à Paris, le Festival "Jeunes Agents EDF" en août 1993 à Soulac, le Carnaval de Cergy Pontoise en mars 1994, une tournée en Bretagne en août 1994 et juillet 1995 et L'Olympia en janvier 1995 en première partie de Yann et les Abeilles. On retrouve également des morceaux des Voleurs de Poules sur les compilations Life in the Bar- Le Recueil (Quartier Est/ Musidisc) et sur Radio Nova- Le Son de Paris (Mélodie).

Leur premier album Tu sens les poivrons sort en juillet 1995. En même temps que leur passage aux FrancoFolies de La Rochelle, du 12 au 17 juillet. A l'occasion des concerts donnés au Berry-Zèbre à Paris, ils avaient organisé le financement d'une auto-production sous la forme d'une souscription : les gens achetaient le disque avant sa sortie. Les 200 adresses réunies, celui-ci est enregistré. Entre les ambiances costumes 50's en promenade sur les bords de Marne, ils aiment parler de bouffe et d'argent. La bouffe parce que c'est un sujet original. L'argent, parce que c'est un problème pour tout le monde. Pas fondamental, mais important. Trop important pour une chaîne comme M6 qui refusera la diffusion de leur clip réalisé par Patrick Bagot, pour le morceau J'irai à Mexico. L'argent n'est pas suffisamment visible à l'écran. L'indépendance a ses limites que les médias édictent.

Mais le succès encore confidentiel, oblige Stéphane à cumuler parallèlement les petits boulots. Il est entre autres roadie pour Michel Fugain. Pendant 10 ans, il regarde en même temps qu'il travaille. Des années à étudier le spectacle.

La carrière solo

A la force des tournées-marathon, le groupe se fait une belle réputation. Mais conscient des limites de ces lieux mal insonorisés, Stéphane reconnaît que l'évolution de la formation, plus électrique, n'est pas toujours compatible avec un son franchement mauvais. Les professionnels peuvent avoir du mal à les prendre au sérieux et c'est vrai qu'il est difficile de demander à des habitués de payer leur place dans une vraie salle quand ils les ont toujours vus gratuitement. S'ils veulent progresser, il leur faut gagner un autre public.

Et quant à la direction à suivre, les avis divergent. La vie de groupe lui apparaît alors trop pesante. L'intérêt croissant des médias et la promesse d'une reconnaissance, ne suffiront pas à supporter les compromis. Les décisions communes, une majorité à affronter, bref le besoin d'être seul, de ne plus s'abstenir pour les autres. Exit les orientations rock d'un groupe aux accents de l'Est voué à devenir le No-Smoking Orchestra - groupe dans lequel joue Emir Kusturica - français. Rideau en 1999.

Il commence alors dans son coin l'écriture de son album solo. Afin d'arrondir ses fins de mois, il participe au casting et décroche un rôle dans la compagnie vivifiante Achille Tonic, troupe que l'on a dernièrement pu voir sur scène, réduite à sa plus simple (et meilleure) expression, le duo de Shirley et Dino. L'écriture de l'album avance et il se laisse tenter pendant quelques compositions à certains arrangements électroniques qu'il abandonne rapidement. Avec les techniques modernes, c'est l'univers qui casse ses frontières, mais surtout c'est la spontanéité qui prend la porte. Il se recentre ainsi sur ce qu'il sait faire de mieux, le swing. Sur sa première maquette, les deux titres lui permettent en deux mois d'avoir les signatures nécessaires.

Son album Le Tango des Gens sort finalement le 25 septembre 2001. Récompensé par le 54ème prix de l'Académie Charles Cros en 2001, Le Tango des Gens est aujourd'hui Disque d'argent, avec plus de 50.000 exemplaires vendus. Bien évidemment ponctué par une promotion marathon, il partage l'affiche avec Tété sur les 50 dates d'une tournée débutée en mars 2001. Elle se termine à la fin de l'année après quelques incursions sur le territoire suisse. 2002 est ponctuée de 80 concerts, dont certains passages remarqués au Festival des Vieilles Charrues, lors des Solidays ou encore le Nice Jazz Festival.

Le 14 décembre 2002, la tournée se termine en beauté avec une "Nuit Sanseverino" au Trianon à Paris. Héros d'une soirée qui lui est consacrée, Sanseverino reçoit quelques amis en scène : Bernard Lavilliers, Tété ou la Grande Sophie.

Victoire

Toutes ces années sur scène sont officiellement récompensées aux Victoires de la Musique 2003 où Sanseverino reçoit la «Victoire du groupe ou artiste révélation scène de l'année».

Sans céder à la pression, Sanseverino prend son temps avant de livrer en février 2004 un album tout aussi personnel et attachant que le premier, Les Sénégalaises. Tout est là, le ton caustique et les guitares manouches. Dans un très beau décor de lampes et de tapis orientaux, Stéphane Sanseverino et son groupe enflamment la scène du Printemps de Bourges le 24 avril: début d'une longue tournée pour celui qui est, pour beaucoup, Mr Swing.